Accueil » Alimentation » Le soya et le cancer du sein, un duel qui fait jaser…

7

novembre

Le soya et le cancer du sein, un duel qui fait jaser…

Toutes les nutritionnistes rêvent de pouvoir enrayer la maladie grâce à l’alimentation ! Et si chaque aliment avait le pouvoir de guérir une maladie bien distincte, tout comme la vitamine C qui enraya le scorbut à l’arrivée des colons en Amérique… Trop beau pour être vrai ? Voilà qui ressemble à ce que nous promet le soya, avec ses vertus « anti-cancer ». Se pourrait-il qu’il fasse réellement partie de la solution? Remettons les pendules à l’heure et démêlons toutes ces rumeurs au sujet du soya et du cancer du sein.

Le soya, une vraie mine d’or

Le soya est une légumineuse riche en protéines, en vitamines et minéraux ainsi qu’en fibres. Il renferme également un bon type de matière grasse, ce qui lui vaut également son pesant d’or dans la prévention des maladies cardio-vasculaires. Depuis quelques années, on semble établir un lien entre la prévention du cancer et la consommation de soya. En effet, selon une étude Américaine, les femmes asiatiques qui consomment du soya plus de 120 fois par année auraient 30 % moins de risque de développer un cancer que les femmes asiatiques et américaines en consommant moins de 12 fois par année. Tout comme les petits fruits, on attribue en grande partie aux antioxydants les vertus anti-cancer du soya, que l’on nomme également isoflavones. Ces molécules seraient responsables du ralentissement de la reproduction des cellules cancéreuses dans le cancer du sein.

Sous la loupe des chercheurs

Plusieurs chercheurs se sont intéressés à la faible présence de cancers du sein dans la population asiatique. Et ce n’est pas facile de déterminer les effets du soya sur l’apparition d’un cancer, car les résultats demeurent très divergents ! Certaines études montrent des risques accrus de progression de la maladie, ou de développer un cancer, tandis que d’autres parlent d’un effet protecteur sur le développement de la maladie ainsi que sur sa progression. Par ailleurs, il semblerait que pour avoir un réel effet protecteur, il faudra avoir consommé du soya tout au long de sa vie. Pas seulement à partir de la ménopause ! Il importe également de faire la distinction entre les sources naturelles de soya (tofu, graines de soya) et celles offertes sous forme de suppléments (capsules, comprimés). Dans le premier cas, il semble que la consommation de soya sous sa forme naturelle amène une diminution des risques de développer un cancer ou une diminution de sa progression. Cependant, dans le deuxième cas, la prise de suppléments de soya aurait un effet inverse sur les femmes ménopausées, atteintes d’un cancer du sein ou en rémission. Cet effet s’explique par les taux beaucoup trop élevés d’isoflavones contenus dans les capsules ou les comprimés de soya, qui n’ont d’ailleurs plus rien à envier à leurs sources naturelles.

 

La stratégie de guerre

Ménopausée, atteinte ou pas d’un cancer du sein… Tout le monde gagne à consommer du soya, à condition de ne pas en faire une obsession. La variété prime ! Favorisez les sources naturelles de soya, telles que le yogourt au soya, boisson de soya (enrichie en calcium et vitamine D), le tofu, le miso ou encore les fèves de soya natures ou rôties. Le soya est une vraie mine d’or, alors sans doute cache-t-il d’autres secrets. Cuisinez-vous avec le soya ? Quelle est votre recette favorite ?

Geneviève Nadeau, nutritionniste (coordonnées, cliquez ici

14 Responses to “Le soya et le cancer du sein, un duel qui fait jaser…”

  1. Isabelle Fournié dit :

    Étant végétarienne depuis plus de 25 ans, le soya demeure pour moi un aliment idéal. Sous forme de tofu, je me fait régulièrement du tofu au gingembre. Une recette simple et délicieuse: 1 paquet de tofu coupé en tranches, 1/3 tasse d’huile de mais, 1/3 tasse de tamari et 1/3 de tasse de gingembre rapé. Mélanger le tout, verser sur le tofu et mariner le temps que vous voulez, le goût n’en sera que plus prononcé. Mettre au four à 350 pendant 30 minutes.
    Chaud vous pouvez l’accompagner de pâtes au sarrazin et de légumes, froid il est délicieux en sandwich. Bon appétit !

  2. Germaine dit :

    Texte sur la consommation du soya interessant relativement a la prevention. Toutefois, comme ce site est plutôt fréquenté par des femmes qui ont eu un cancer du sein, peut-être faudrait-il parler aussi qu’il est preferable de ne pas consommer de soya si votre tumeur cancéreuse était hormono-dépendante.
    Comme nutritionniste,qu’en pensez-vous Mme Nadeau?

    • En effet, c’est ce que j’explique dans le texte en disant que la consommation de soya pourrait augmenter la progression de certains types de cancer du sein. Mais ça n’arrive pas tout le temps, et les études demeurent très divergentes à cet égard. À mon humble avis, je pense qu’il faut toujours y aller avec modération. Si vous êtes atteinte d’un cancer du sein hormonodépendant, la meilleure chose à faire serait d’en discuter avec votre oncologue et la nutritionniste. Si vous ne consommiez pas de soya auparavant, on vous dira peut-être de ne pas vous mettre à en consommer de grandes quantités. Si vous êtes végétarienne et consommatrice régulière de soya, on pourrait effectivement vous suggérer des alternatives, par précaution. Le mieux, c’est d’en parler à notre équipe soignante. Au plaisir Germaine !

  3. Popipette dit :

    On dit que c’est bon pour la santé et pour la prévention du cancer du sein… mais on dit aux femmes qui ont eu un cancer du sein de ne pas en consommer. Pouvez-vous expliquer pourquoi? (C’est un conseil qu’ont eu 3 personnes de mon entourage!)

    • Bonjour Popipette,
      Tel que mentionné plus haut, les opinions divergent grandement. Voici quelques extraits (en anglais) de données probantes à ce sujet:
      -« Emerging evidence from large-scale prospective observational studies have consistently shown that the consumption of approximately two servings/day of soy foods is not associated with an increase in the risk of breast cancer recurrence or lower risk of survival in women with breast cancer.  »
      -« Despite new evidence, the controversy over the safety of soy for breast cancer survivors may remain. Older, but widely cited and publicized in vitro and in vivo data demonstrated that the presence of estrogenic compounds, known as isoflavones, in soy foods resulted in increased cell proliferation under certain experimental conditions. These results lead to the widely held belief that the consumption of soy foods posed a theoretical risk to women with breast cancer. »

      Deux articles en anglais ici:
      http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16985246
      http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11694655

      Je suis désolée que la plupart des données soient en anglais, mais au moins, vous pourrez en avoir le coeur net 😉

      Au plaisir !

  4. BlogueRose dit :

    Bonjour Popinette et Germaine, votre commentaire va un peu dans le même sens. Dernièrement, j’ai écouté une entrevue qui parlait justement de ça. Je vais faire une recherche au cours de la fin de semaine pour retrouver l’info et la partager ici. Geneviève Nadeau commentera sûrement également.

  5. Bloguerose dit :

    Me revoici! Je suis désolée du temps que ça m’a pris pour retrouver l’information: je ne retrouvais plus la vidéo en question!
    L’information que je rapporte ici va surprendre, mais elle vient d’un médecin qui donnait une conférence sur un site reconnu en lien avec le cancer du sein (breast cancer answers). Elle est aussi affiliée à une université.
    Voici le lien de la vidéo: http://answers.thebreastcancersite.com/?p=227

    Je dis que les propos sont surprenants, car ils contredisent ce qui était conseillé par le passé.
    Ses propos sont en anglais, mais je vous les traduis ici en partie. La médecin Victoria Maizes, directrice exécutive du «Arizona center for integrative medecine dit ceci :
    Des études démontrent que de manger du soya à l’adolescence, pendant que les seins se développent, aide à diminuer le risque de cancer du sein plus tard dans la vie.
    Pour les femmes ayant déjà eu le cancer du sein, le soya diminue le risque de récidive. Elle en parle vers la minute 8 dans la vidéo. Cet énoncé est basé sur une étude asiatique (Women breast cancer survivor study, Shangai):http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19996398

    Basé sur une autre étude, cette fois Américaine, donc plus proche de nous (Northern California epidemiology study), Dr. Maizes dit ceci : Le risque de récidive est diminué quand les femmes mangent du soya, surtout si elles prennent du tamoxifène. Elle ajoute que ces données ne sont pas très connues et contredisent ce qui était suggéré avant.Voici le lien de l’étude: http://www.mammalive.net/research/breast-cancer-and-soy

    Elle mentionne aussi que le soya est un bon aliment d’une diète saine, autant pour la prévention que pour les femmes ayant déjà eu le cancer du sein (vers les 12 minutes dans la vidéo). Par contre, elle souligne que pour être efficace, ça doit être du soya entier (miso, tofu, lait de soya…)

    Vers les 17 minutes dans la vidéo, elle précise que le risque est aussi diminué pour les cancers du sein liés à l’œstrogène. Elle ajoute qu’elle sait que c’est encore controversé, que ça crée de la confusion, mais que cette information est basée sur les plus récentes études. (Désolée que ça soit en anglais, mais les études les plus récentes ne sont qu’en anglais)

    Ceci dit, je ne suis pas une spécialiste de la nutrition, je rapporte les faits d’un médecin qui se base sur des études. Le mieux, comme le mentionnait Geneviève qui a écrit l’article sur le soya, est d’en parler à votre médecin traiteant, qui connait votre histoire.

    J’espère que ces informations vous aident…

    • Geneviève Nadeau dit :

      Bonjour Julie, pour reprendre l’étude Américaine  » second study called the Life After Cancer Epidemiology (LACE) study, published in November 2009, followed 1,954 northern California early stage breast cancer survivors for six years and found that postmenopausal women with a high soy intake – compared with none – had a lower risk of their cancer returning. Among postmenopausal women treated with tamoxifen, those who consumed the most soy were 60 per cent less likely to have their breast cancer recur compared with women with the lowest intakes. »

      Ce que je trouve complexe à interpréter, c’est qu’on ne peut pas transférer ces résultats à l’ensemble de la population ayant eu un cancer du sein. En effet, on parle ici d’un groupe avec un cancer du sein au stade peu avancé. Et traité au tamoxifen ! Par conséquent, les résultats peuvent être différents pour une population de femmes avec cancer du sein stade plus avancé, et non traité au tamoxifen.

      C’est la raison pour laquelle il n’existe pas de recommandations globales, sauf la suivante: rencontrer son équipe soignante pour discuter de notre situation individuelle :)

      Bonne journée !

  6. Katikat dit :

    Bonjour,

    Sources en anglais car plus avancés => américains.

    Le fait que le soja américain soit globalement OGM peut il influencer le résultat de ces études ?

    « USA En 2013, 93% des surfaces plantées en soja l’ont été avec des variétés GM tolérantes aux herbicides, et tout particulièrement au glyphosate.  »

    Reste peut être aussi des variétés résistantes aux insectes et autres formes d’OGM pour compléter ce pourcentage.

  7. gigi dit :

    Bonjour j’ai été opéré pour le cancer du sein, et aussi pour la glande sentinelle il me dise que j’ai un glanglion d’atteint. Je ne peut pas prendre le taximofen car mon corps ne le prend pas. Il me dise que mon cancer est au stade 2 alors j’ai lu que le curcumin était bon pour la santé mais il y a de l’huile de soya et du soya est-ce que vous pensez que je peut en prendre en comprimé de 500 mg. Car il dise que cela guéris le cancer . Merci de me répondre Gigi

  8. Carmele dit :

    Je pense que le soya soit fondamentalement dangereux pour le corps si bien sûr il est consommé
    en quantité importante, comme toutes choses d’ailleurs!

Laisser un commentaire