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28

mars

L’album Blanc, d’Angèle Dubeau

Angele Dubeau a traversé l’épreuve du cancer du sein en 2013.  Je l’ai entendue dans une entrevue donnée à Paul Arcand, au 98,5 FM (Émission du matin, Puisqu’il faut se lever), où elle expliquait que la musique a été pour elle une façon de mieux vivre cette épreuve, de s’évader, de se retrouver et de puiser du réconfort.

Blanc, c’est la musicienne et son orchestre féminin à cordes, La Pietà, qui reprennent 14 pièces de 12 compositeurs d’univers très différents : Garry Schyman, Osvaldo Golijov, Adrian Munsey, Marjan Mozetich, Joe Hisaishi, François Dompierre, Ennio Morricone, Mark O’Connor, Ryuichi Sakamoto, Dave Brubeck, Cat Stevens et Shawn Phillips.

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Cet album, je l’ai reçu en cadeau justement le jour où je prévoyais aller en faire l’achat (merci encore Mme L.D.!) Avant de l’écouter, je croyais que le violon allait m’entraîner dans un tourbillon ou une tourmente. Bien sûr, j’ai retrouvé ce sentiment durant l’écoute, mais en général, il s’est fait tout doux. D’où probablement le titre de l’album : Blanc. Angele Dubeau expliquait dans l’entrevue qu’elle a essayé de s’imaginer la couleur de la guérison. Et cette couleur, c’était le blanc, comme une lumière (la lumière au bout du tunnel?) C’est ce qui teinte cet album, plein de douceur.

J’ai écouté cette musique avec attention et tout y est. Pour avoir vécu personnellement la même situation, un diagnostic de cancer du sein,  je vous partage dans ce billet ce que cet album m’a fait ressentir. Ce sont des émotions bien à moi, je ne prétends pas que c’est de cette façon qu’Angele Dubeau a vécu cette aventure. C’est mon interprétation éveillée par sa musique que je vous partage ici.

D’abord la gravité et la brutalité de la situation, puis la tristesse, le vide et la peur. La musique traduit bien les émotions ressenties à l’annonce du diagnostic. Le temps qui semble suspendu, le temps de réflexion, l’incompréhension et le vide…  

Les hauts et les bas, comme les mouvements de vagues…  De la musique qui berce et apporte du réconfort, comme les proches et les amis qui tentent de nous aider et de nous supporter.

La vie brouillon, la vie bouleversée, la vie désorganisée. Le temps qui s’étire quand on voudrait qu’il passe plus vite. L’hésitation, les petits pas timides vers l’avant. Puis, au moment où on ne l’attendait pas, c’est l’espoir qui se pointe le bout du nez. On le découvre doucement, comme un lever du soleil un matin, après les jours de pluie. Il nous fait sourire, nous calme, nous berce, nous réconforte. On s’y accroche et on glisse doucement vers des émotions plus positives.

J’ai écouté cette musique comme je fais un voyage. Celui-ci se faisait sur l’eau. C’est l’image qui m’est souvent venue en tête en écoutant l’album. Tour à tour, les eaux calmes, les vagues régulières ou agitées, les tourbillons ou l’eau qui coule, régulièrement, paisiblement. Le courant et le contre-courant. Le goutte-à-goutte, qui marque le temps qui passe, comme un sablier. La limpidité de l’eau ou ses profondeurs inquiétantes…

Puis, cette musique qui culmine en une version de « Woman » très touchante, vibrante. Une ascension, une poussée vers l’avant. J’y ai décelé le courage et la détermination qui s’unissent et se transforment en une force, une nouvelle alliée.

Oufff…. Merci pour ce beau voyage, Madame Dubeau. Merci d’avoir traduit en musique les émotions vécues dans cette aventure qu’est le cancer du sein. Dans l’entrevue avec Paul Arcand, vous disiez que cet album ne vous appartenait plus. Qu’il appartenait maintenant à toutes les femmes qui en feront l’écoute. Vous espériez qu’il soit un baume, une aide pour traverser cette épreuve. Voilà ce qui m’a donné l’idée de le partager sur le Blogue Rose, lu par beaucoup de femmes touchées par le cancer du sein.      

C’est étonnant de constater comment la musique sait faire vivre ou revivre des émotions. Ça ne s’explique pas, ça se vit, tout simplement. Des notes au lieu des mots : voilà l’émotion tellement bien illustrée.

Quand la vie nous porte un coup dur, il y a plusieurs façons d’y faire face. Angele Dubeau s’est tournée vers la musique, son alliée de la vie depuis tant d’années. Pour d’autres, ça sera la nature, la peinture, la photo, les amis, les mots… Et plein d’autres choses encore. À chacun sa bouée pour traverser les tempêtes. J’aimerais bien lire ce qui vous aide à traverser les épreuves difficiles de la vie (et pas seulement le cancer).

À tous ceux qui ont écouté cet album, j’aimerais bien lire vos commentaires.

J’ai hâte de vous lire!

Pour ceux qui voudraient se procurer l’album, notez que 2$ sera remis à la Fondation du cancer du sein

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6 Responses to “L’album Blanc, d’Angèle Dubeau”

  1. Annie gascon dit :

    WOW! Julie, tu as cette facilité d’écrire. Et tout ce que tu as écris, je l’ai ressenti au plus profond de mon âme.
    Merci pour ce blogue. Il décrit nos états, que plusieurs ne peuvent exprimer. Chanceuses celles qui liront ce texte rempli d’émotions, de pureté et de sensibilité.

  2. Marie-Josée Villeneuve dit :

    Bonjour Julie,

    J’aime tellement te lire, cela coule très facilement pour toi, c’est vrai que la musique nous aide a passé à travers bien des moments.

    Merci pour cette belle lecture que tu nous donne

  3. Daniel Poirier dit :

    Comment commencer à raconter une histoire, un témoignage qui se déroula à ses débuts dans les jours où Angèle Dubeau se livrait à une entrevue avec Paul Arcand. Je m’en souviens très bien. J’attendais dans ma voiture alors que mon fils et mon épouse étaient en consultation auprès du Dr Turcotte, chirurgien-oncologie au C.H.U.M. nous venions d’apprendre que Philippe, trente-trois ans, était atteint d’un cancer du pancréas avec métastases au foie. Oui, il se retrouvait dans les ligues majeures. Le CD Blanc fut pour moi une forme d’exutoire. Je l’ai écouté non pas des hdizaines de fois mais plutôt des centaines de fois. Ma pièce préférée était et demeure la 4ieme: Postcards from the sky. Toutes les pièces sont magistrales. J’y puisait mon réconfort. Ce furent des moments absolument pénibles. J’aurais toujours voulu rendre un témoignage de reconnaissance envers Mme Dubeau. Je ne l’ai pas fait. Je serais heureux qu’elle en prenne connaissance.
    Ah oui, avant de terminer; Philippe a perdu son combat il y a trois mois. Inconsolables, nous le sommes.
    Comme une chanson de Ginette Renaud; ça pleure aussi un homme. Merci de m’avoir lu. Mes respects les plus sincères envers vous tous et toutes qui vous battez contre cet ennemi …sans mot.

    • BlogueRose dit :

      Bonjour M. Poirier, votre commentaire est extrêmement touchant. Merci d’avoir pris le temps d’écrire et de partager avec nous cette histoire. J’avais reçu ce CD en cadeau, lors de mon deuxième diagnostic de cancer du sein. Je suis d’accord avec vous, cette musique est grandiose. Il est difficile d’exprimer avec des mots comment la musique peut être puissante dans ces moments. Je vous offre mes condoléances et beaucoup de courage pour les moments difficiles que vous vivez.

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