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Toutes les nutritionnistes rêvent de pouvoir enrayer la maladie grâce à l’alimentation ! Et si chaque aliment avait le pouvoir de guérir une maladie bien distincte, tout comme la vitamine C qui enraya le scorbut à l’arrivée des colons en Amérique… Trop beau pour être vrai ? Voilà qui ressemble à ce que nous promet le soya, avec ses vertus « anti-cancer ». Se pourrait-il qu’il fasse réellement partie de la solution? Remettons les pendules à l’heure et démêlons toutes ces rumeurs au sujet du soya et du cancer du sein.

Le soya, une vraie mine d’or

Le soya est une légumineuse riche en protéines, en vitamines et minéraux ainsi qu’en fibres. Il renferme également un bon type de matière grasse, ce qui lui vaut également son pesant d’or dans la prévention des maladies cardio-vasculaires. Depuis quelques années, on semble établir un lien entre la prévention du cancer et la consommation de soya. En effet, selon une étude Américaine, les femmes asiatiques qui consomment du soya plus de 120 fois par année auraient 30 % moins de risque de développer un cancer que les femmes asiatiques et américaines en consommant moins de 12 fois par année. Tout comme les petits fruits, on attribue en grande partie aux antioxydants les vertus anti-cancer du soya, que l’on nomme également isoflavones. Ces molécules seraient responsables du ralentissement de la reproduction des cellules cancéreuses dans le cancer du sein.

Sous la loupe des chercheurs

Plusieurs chercheurs se sont intéressés à la faible présence de cancers du sein dans la population asiatique. Et ce n’est pas facile de déterminer les effets du soya sur l’apparition d’un cancer, car les résultats demeurent très divergents ! Certaines études montrent des risques accrus de progression de la maladie, ou de développer un cancer, tandis que d’autres parlent d’un effet protecteur sur le développement de la maladie ainsi que sur sa progression. Par ailleurs, il semblerait que pour avoir un réel effet protecteur, il faudra avoir consommé du soya tout au long de sa vie. Pas seulement à partir de la ménopause ! Il importe également de faire la distinction entre les sources naturelles de soya (tofu, graines de soya) et celles offertes sous forme de suppléments (capsules, comprimés). Dans le premier cas, il semble que la consommation de soya sous sa forme naturelle amène une diminution des risques de développer un cancer ou une diminution de sa progression. Cependant, dans le deuxième cas, la prise de suppléments de soya aurait un effet inverse sur les femmes ménopausées, atteintes d’un cancer du sein ou en rémission. Cet effet s’explique par les taux beaucoup trop élevés d’isoflavones contenus dans les capsules ou les comprimés de soya, qui n’ont d’ailleurs plus rien à envier à leurs sources naturelles.

 

La stratégie de guerre

Ménopausée, atteinte ou pas d’un cancer du sein… Tout le monde gagne à consommer du soya, à condition de ne pas en faire une obsession. La variété prime ! Favorisez les sources naturelles de soya, telles que le yogourt au soya, boisson de soya (enrichie en calcium et vitamine D), le tofu, le miso ou encore les fèves de soya natures ou rôties. Le soya est une vraie mine d’or, alors sans doute cache-t-il d’autres secrets. Cuisinez-vous avec le soya ? Quelle est votre recette favorite ?

Geneviève Nadeau, nutritionniste (coordonnées, cliquez ici